Les auteurs de la première sélection 2026
Didier Castino
Didier Castino, enseignant à Marseille, construit une œuvre attentive aux vies ordinaires et aux fractures sociales contemporaines. Révélé avec Après le silence (2015, Prix du Premier Roman), il poursuit avec Rue Monsieur-le-Prince (2017) et Quand la ville tombe (2021) un premier cycle consacré aux répercussions intimes et collectives du deuil.
Avec Boxer comme Gratien (2023) puis L’Application des peines (2025), son écriture se confronte plus directement au réel, interrogeant les rapports entre justice, responsabilité et destin individuel, tout en conservant une forte exigence morale et formelle.
Jérôme Chantreau
Jérôme Chantreau inscrit ses romans dans une réflexion profonde sur l’histoire, la mémoire collective et les violences politiques. Romancier et dramaturge, il explore des récits où les destins individuels se heurtent aux bouleversements du passé, dans une langue tendue, précise, attentive aux silences autant qu’aux voix marginalisées.
Avec L’affaire de la rue Transnonain, il interroge la responsabilité individuelle et collective face aux événements historiques, et affirme une œuvre où la littérature devient un espace de lucidité et de confrontation avec le réel.
Sophie Daull
Sophie Daull, née à Belfort en 1965, est comédienne et écrivaine. Elle se tourne vers l’écriture après la disparition de sa fille Camille, faisant de la littérature un lieu d’élaboration de l’intime, de la mémoire et du deuil. Son premier roman, Camille, mon envolée (2015), reçoit le Prix du meilleur premier roman décerné par Lire. Avec La Suture (2016) et Au grand lavoir (2018), lauréat du Prix de littérature de l’Union européenne, elle approfondit une œuvre centrée sur les héritages familiaux, les silences et les processus de reconstruction.
Dans Colères du vivant, Sophie Daull opère un déplacement marquant : son écriture s’ouvre à une réflexion plus large sur le monde contemporain, les atteintes portées au vivant et les formes de révolte intime qu’elles suscitent.
François Garde
François Garde développe une œuvre romanesque traversée par l’histoire, les grands espaces et les tensions morales qui structurent les sociétés humaines. Ancien haut fonctionnaire, il fait du roman un lieu d’exploration des zones de bascule : entre civilisation et sauvagerie, loi et chaos, ordre collectif et conscience individuelle.
De Ce qu’il advint du sauvage blanc à Pour trois couronnes, son écriture s’attache aux figures de l’écart et aux récits de frontières. Avec La dame aux oiseaux, il poursuit cette réflexion sur la fragilité des équilibres humains, dans une langue ample et précise, attentive aux paysages autant qu’aux consciences.
Renaud Meyer
Renaud Meyer élabore une œuvre singulière à la croisée du roman et du théâtre, où la littérature dialogue avec sa propre histoire. Dramaturge et romancier, il interroge les filiations artistiques, les héritages sensibles et la manière dont les textes du passé continuent de façonner nos perceptions.
Avec Retour à Balbec, il propose un roman d’une grande finesse, conçu comme une enquête intime et un dialogue avec la mémoire littéraire, où l’écriture devient un espace de transmission et de résonance.
Emmanuelle Pol
Née à Milan, ayant grandi en Suisse et vivant aujourd’hui à Bruxelles, Emmanuelle Pol déploie une œuvre marquée par la circulation entre les langues, les territoires et les sensibilités. Son écriture privilégie la retenue, l’attention aux gestes discrets et aux émotions à peine formulées, explorant les liens familiaux et les fragilités de l’intime.
Avec Jan (sur un air de jazz), elle compose un roman d’une grande délicatesse, porté par une voix singulière, où la musique, la mémoire et le silence accompagnent une méditation sensible sur l’attachement et la perte.
Sélection finale du prix Naissance d’une œuvre 2025
Après une première sélection de sept romans en janvier, les membres du jury ont procédé à une deuxième sélection le 31 mars. L’annonce du lauréat et la remise du Prix auront lieu le 21 mai 2025 à l’Armancette, à Saint-Nicolas de Véroce, face au Mont-Blanc. Trois romans sont en lice.
Vincent Almendros
Photo : Mathieu Zazzo
SOUS LA MENACE
(Editions de Minuit)
« Un texte subtil, le malaise d’un ado dont le corps change et qui a du mal avec ses camarades de classe. Comme une ombre, la mort du père dont il va fleurir la tombe durant le week-end chez ses grands-parents à la campagne. Une mort comme un mystère et/ou un mensonge. »
Clémence Boulouque
Photo : Beowulf Sheehan
LE SENTIMENT DES CRÉPUSCULES
(Editions Robert Laffont)
« A partir d’une histoire vraie, Stefan Zweig et Salvador Dali rendant visite à Sigmund Freud à Londres en juillet 1938, Clémence Boulouque compose avec finesse et humour le roman de cette rencontre aux accents visionnaires, avant la grande bascule du monde vers la guerre. »
Laurent Seyer
Photo : Pascal Viénot
J'ai pas les mots
(Editions Finitude)
« Un enfant autiste plein des mots qui ne peuvent pas franchir les barrières cadenassées de son corps. Laurent Seyer écrit la voix, les mots du silence. Il écrit la douleur, l’intelligence sans moyen d’expression, mais aussi la tendresse et la rudesse de la vie. Jusqu’à ce formidable éclat de rire final qu’on vit comme le plus grand des triomphes. »
Akira Mizubayashi
Photo : Francesca Montovani
Suite inoubliable
(Editions Gallimard)
« La musique et l’amour pour résister aux guerres. C’est le thème central de ce roman qui traverse les époques et leurs drames en suivant l’histoire d’un violoncelle, d’une luthière et d’un musicien. «
Rencontre avec les Auteurs présélectionnés, au Café Sud le 9 avril 2025
Vincent Almendros, Michèle Gazier, Laurent Seyer et Clémence Boulouque (en visio)
Vincent Almendros
Clémence Boulouque
Laurent Seyer
Lectures de Françoise Sliwka
L’éditeur Patrice Hoffmann entouré de Laurent Seyer et Vincent Almendros
L’éditrice Alice Dandigné (Robert Laffont)
L’éditeur Thomas Simonnet (Éditions de Minuit), Laurence Viénot et Vincent Almendros